Dictionnaires de mots écrits en alphanumérique (texto).
                                      B. Duburque.
 
 
 
   1 - Dictionnaire des noms.
   2 - Dictionnaire des verbes.
   3 - Dictionnaire des adjectifs
   4 - Dictionnaire des adverbes
  5 - Dictionnaire des pronoms.
  6 - Dictionnaire des interjections.
  7 - Dictionnaire des locutions.
   8 - Dictionnaire des grecs

 
Introductions et explications a   a
Mode d 'emploi des dictionnaires
Liens                                      ii           .
Licences poétiques   aiiaaiiiiiiaah
Petits poèmesii                i       i i     ii
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Introduction 1 (brève)

        Nous proposons ici des dictionnaires de mots ou d'expressions composés à l'aide de lettres qui ne sont utilisées que pour leur valeur phonétique.
Par exemple "ir" = "hier".
C'est l'une des bases de la composition des messages appelés texto ou sms.
Toutefois, ici, nous excluons absolument tout autre mode de composition.
Non seulement sont exclus les "smileys", mais aussi les mots qui mélangent usage normal (ou lié) et usage phonétique pur
du genre : "Cquoi?" ou  "CKi?".
Nous souhaitons rendre service non seulement aux "accros" de textos mais aussi à tous ceux qui, dans la ligne de l'Oulipo, aiment composer des textes selon des règles "inhabituelles", voire "non-euclidiennes".
Vos contributions quant à des erreurs, ou des mots potentiels qui ne figureraient pas dans ces dictionnaires sont les bienvenues.
 

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                                     Introduction 2 (longue)
 
 

 Avec les téléphones mobiles, et la vogue de la transmission de petits messages, appelés textos ou sms, on fait de plus en plus usage de messages composés phonétiquement. Par exemple : lm = elle aime
 Mais là, tout est bon! Tantôt les mots sont écrits en entier dès lors qu’ils sont simples et courts, mais avec généralement une orthographe simplifiée (KI? : qui ?), tantôt ce sont des lettres utilisées pour leur seule valeur phonétique (M : aime), tantôt ce sont des initiales qu’il faut comprendre (CAD : c’est à dire), tantôt enfin on utilise des signes du clavier pour composer des smileys, et tout cela se mélange gaiement .
La plus grande confusion règne, chacun fait un peu n’importe quoi, pour le plus grand bonheur des usagers certes. D’ailleurs, ce langage aisé et débonnaire permet à tout chacun de transcrire un vers de Racine sur les messages de son téléphone portable avec plus de facilité qu’il n’en aurait pour l’orthographier correctement (1). .
 

C’est tout autre chose qui est proposée ici avec l’usage de l’alphabet parlant, bien connu depuis longtemps.
 D’emblée, on en énonce l’unique règle qui va le différencier fondamentalement des langages évoqués plus haut, et en constituer toute la sévàre curiosité : les signes alphabétiques utilisés ne peuvent en aucun cas composer des syllabes. La lecture naturelle est ici, par principe, formellement interdite! "écla" peut se lire “et c’est Ella!”ou “et c’est elle, là” mais il est interdit de le lire comme “éclat”. C’est la règle de base.
 

 L’alphabet parlant a la réputation d’offrir vraiment trop peu de possibilités pour accéder au statut de travail poétique, comme il y en a tant, depuis les bouts rimés jusqu’aux lipogrammes. Tout au plus pouvait-on composer quelques phrases (2).
 Il est aussi utilisé pour créer des sigles : NRJ (la station de radio), ou bien des pseudonymes, Hergé (RG) étant le plus célèbre.
 Sans oublier la fameuse revue d'art italienne FMR de Franco Maria Ricci.
 Il y a eu déjà quelques essais littéraires réalisées en alphabet parlant : “l’alphabet des aveux” de Louise de Vilmorin, et un court “drame en trois actes” de Perec - bien sûr! (3). Mais de telles tentatives sont rarissimes. On ne passera pas non plus sous silence le fameux 'LHOOQ',  une œuvre d'art de 1919 de Marcel Duchamp, parodiant la Joconde (4).
 

 Après avoir établi un recensement des mots et expressions qu’il était possible de former selon cette méthode, nous avons vite été surpris par leur grand nombre (plusieurs milliers).
Une première recension de la sorte a déjà été organisée en 1996 visible au site d'Eric Angelini [Bestiaire ébloui des lexies tératoïdes].
La nôtre vient en complément. Comme on le verra, elle a cette particularité d'ajouter à l'utilisation des lettres, celle des chiffres.
Voici donc ces mots et expressions classés sous forme d'un Dictionnaire, que nous mettons à la disposition de quiconque voudrait composer des textes (appelés texticularia) de cette manière. (Toutefois ces dictionnaires sont enregistrés, et leur reproduction intégrale est réservée.).

C'est à l'aide de ce dictionnaire qu'ont été composés les 36 petits poèmes de notre recueil "Texto poèmes".
 
 

Mais d'abord quelques précisions sur la façon dont sont composés les mots.

Les signes utilisés.

 Tout d’abord, ce sont les lettres de l’alphabet.
 Certaines, voyelles ou consonnes, sont simples, c’est à dire composées d’un seul phonème : a,b,c,d,e,g,i,j,k,o,p,q,t,u,v,ww,x,y,z.
 D’autres, toujours des consonnes, sont doubles en quelque sorte : f (eff’), h(ach’), l(ell’), m(èmm’), n(ènn’), r(èrr’), s(ess’), c’est à dire qu’elles sont composées d’une voyelle sonore, qui est toujours “è” suivies d’une consonne puis d’une voyelle sourde qui permet la liaison.
 Cela offre la possibilité de composer un second phonème avec le mot suivant. Deux consonnes doubles permettent ainsi trois phonèmes. lm : elle ai-me.
 

 Beaucoup de lettres rien qu’à elles seules, constituent des mots.
h : hache
d : dé,dais,dès
j : gît
k : cas
l : aile,elle.
g : j’ai, jet, geai.
 

 D’emblée on constate que les homonymies sont nombreuses.

 Le plus souvent, plusieurs signes sont associés pour former un texticulat.
 Une constatation fondamentale s’impose. De nombreux mots n’existent qu’accompagnés d’une particule antécédente (plus rarement subséquente) nécessaire, coagulée.
Le verbe français “lutter” n’existe que sous la forme lut : “et lutter” (ou encore “ai lutté”). mais “lutter” “luttait”, tout seuls ne peuvent pas se construire.
 De même il existe sot : “et sauter” (“ai sauté, est sauté”....), mais on ne pourra pas écrire “(je) saute”, “(je) sauterai”.
 Même chose pour les noms, flx : “et Felix” se peut, mais “Félix” tout court , non!
Les adjectifs également enfin,  sakd : “et saccadé” ou “est saccadé” . Mais il est impossible de construire isolément le texticulaire “saccadé”.

Est appelée particule nécessaire, ou encore particule forcée, cette particule sans laquelle le texticulat ne peut pas se construire.
On peut aussi tout simplement l'appeler préfixe ou suffixe - ce que nous avons fait dans ces dictionnaires.
 

   * * *
 

Extension de la liste des signes utilisés (texticulats).
 

 Cela amène à la première extension de notre alphabet. Officiellement, la 5e lettre de l’alphabet,“E”, se prononce “e”.
 Toutefois, pourquoi ne pas annexer les formes é et è, qui sont tout de même partie intégrante, quoique amendée, de notre alphabet?
 D’autant que cette annexion élargit considérablement le champ de notre littérature, qui sans cette possibilité, se trouverait réduite à si peu de choses.
 Cette extension impose, pour des raisons de pure technique scripturale, d’écrire les texticules en minuscule, pour bien distinguer é,è,et e.
 Mais rien ne s’oppose, dès lors qu’on possède une police de caractères permettant de poser l’accent sur les majuscules, d’utiliser les majuscules! .
 
 

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Les chiffres et les nombres.

 Cette première extension ayant été faite, survient une deuxième possibilité : peut-on inclure ou non les chiffres?
 Certes, ceux-ci n’appartiennent pas à l’alphabet proprement dit. Mais le but de cette littérature étant de réduire les textes au signe de leur phonème, l’utilisation des chiffres semble licite.
 D’autant que par cette seconde extension, nous nous enrichissons considérablement. Accepter l’usage des chiffres, c’est se donner, outre les numéraux, cela va de soi, le pronom indéfini “un” (1), la particule conjonctive “de” (2), la particule “si” (6), etc.

 Ceci étant admis, un problème se pose.
 Nos chiffres ont souvent deux prononciations, selon qu’on fait ou non la liaison, qu’on sonorise ou non leur consonne finale.
Ainsi, 6 a pour prononciation officielle “sisse”.
Mais on prononce “si mille” plutôt que “sisse mille”.
 Un excès de rigueur, qui aurait consisté à n’accepter que la prononciation “sisse”, outre son illogisme, nous aurait privé de ce “si” gramatical si utile, comme de o6 : aussi.
Le même raisonnement vaut pour 5  qui se prononce “cinque mille” mais aussi, ou plutôt, “sin mille”.
Nous avons donc .
5 : “cinque” ou “sin”
6 : “sisse” ou “si”

 Autre petit problème concernant le chiffre 1.
 Il se prononce évidemment “un”.
 Mais au féminin il fait “une”. A notre époque de parité homme/femme il semblait acceptable sinon recommandable de lui accorder ces deux prononciations, ce qui fournit quelques texticulats de plus, comme 1i6t : unicité

 Nous terminerons avec le délicat problème des nombres.
 Avec 45,87,18, nous sortons évidement des limites qui sont les nôtres : écrire des textes en utilisant rien que les signes de l’écriture.
 Toutefois, quoique arithmétiquement parlant 10 soit un nombre, pour le sens commun il est un chiffre au même titre que les 9 premiers. Il désigne notre dixième doigt.
Il était donc acceptable de l’inclure dans la  liste des texticulèmes. Il l’enrichit du phonème “di”, et nous offre comme sur un plateau plusieurs conjuguaisons du verbe “dire” (dis,dit...). A propos de 10, notons que comme 6, il admet deux prononciations : “disse” ou di” (comme dans dix-mille).

 Mais jusqu’où étendre l’usage des nombres?
 11,20,30,cent, mille?
 Faisons le remarque suivante.
 Si 485 est comme un mot, composé de plusieurs chiffres, 10, 100, 1000 même, sont bien des entités. Qu’ils s’écrivent avec plusieurs chiffres est une affaire de convention, d’origine indienne (l’apport du zéro), mais dans de nombreuses langues, le chinois et le japonais par exemple, le romain (pour dix, cinquante ,cent et mille), ils ont aussi leur signe.
 Acceptons-donc les nombres “simples”, c’est à dire dont la prononciation ne résulte pas de la coagulation de plusieurs chiffres.
 12,13,20,30 d’accord, mais pas 17, ni 18, ni 21, ni 112.
Cette dernière annexion accroît encore un peu les potentialités de la littérature texticulaire.
Ainsi, par exemple, avec 20, nous avons le “vin” et  le verbe “vint”.
Avec 100, nous avons l’adverbe “sans”, si précieux, et la locution préverbale “s’en...”.
Avec 1000, nous avons “mit le”.
Avec 13, nous avons “très...+ Z’ (c’est à dire que “très” doit obligatoirement être suivi d’un phonème commençant par z’).
Par exemple, 13.lé : très zélée.

 Ceci nous fait poursuivre avec une remarque.
 L’utilisation des nombres oblige, afin de les différencier de l’usage de chiffres purs, à les isoler pour qu’il soit bien compris qu’on doit les prononcer en tant que nombre.
 Par exemple, 131101 écrit sans séparateur peut induire en erreur, et se prononcer : un trois un un zéro un, ce qui ne signifie rien
 Pour bien faire comprendre que c’est de “treize indiens” qu’il s’agit, on utilisera par convention le point comme séparateur, avant et après le nombre (13.1.10.1).
Le point apparaît plus discret que le tiret qui allonge et alourdit le texticulat.
De même, é.1000.iné. : Emilie est née. (ou “Emile y est né”).

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Mode d'emploi de ces dictionnaires.

Sont appelés texticulaires les mots ainsi composés.
Et texticulats les signes alphanumériques qui servent à les composer.
Ils sont rangés sur deux colonnes principales : à gauche le mot (texticulaire), à droite les signes utilisé (texticulat).
  Des colonnes adjacentes viennent compléter chaque tableau : les préfixes nécessaires ou les suffixes nécessaires s'il y a lieu.
Par exemple "uz" permet de faire "user" ou "usé(e)"à condition d'être suivi d'un mot qui accepte de commencer par "D" (puisque "z" se prononçant "zed'" nécessite une liaison impérative).
Si "usé" tout seul est impossible, on peut faire "usé d'acides" (uza6.2). En ce cas un (D') adjacent au mot indique la nécessité d'une liaison suffixale.
Et puisque nous usons et abusons du verbe "nécessiter", on note qu'il peut s'écrire nsé6t, mais à condition d'être impérativement précédé du son "é" comme dans "et nécessiter". Là encore ce "préfixe nécessaire" est indiqué dans une colonne latérale.
  Enfin les variantes orthographiques (concernant surtout les différentes possibilités conjugatoires des verbes) occupent une autre colonne accessoire. En effet, cc peut se lire : cesser, cessai ou cessé.

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Licences poétiques
 

  Compte-tenu de la pauvreté du matériau utilisable nous nous sommes accordé quelques "licences poétiques" dans l'emploi des lettres, surtout relativement à leur prononciation.
  Ainsi concernant les sons "é" et "è".
Par exemple la lettre "C" se prononce officiellement "cé" et permet de fabriquer "ses" ou "ces".
Il nous a paru licite d'en "tordre" un peu la prononciation pour obtenir "c'est" qui est officiellement phonétiquement plus proche de "cè" que de "cé".
  Pareillement "g" se prononce officiellement "gé"
Mais avec c’est faire une petite entorse que d’en permettre la prononciation “gè” comme “j’ai” (d'autant que ce deux prononciations ne se distinguent guère dans la langue parlée courante). Cela permet par exemple dans le cas de g de conjuguer les verbes à la première personne du passé. gmé : j’ai aimé.
  De même nos "S" ont parfois été un peu artificiellement mouillés.
Par exemple  avec "mus1" qui devrait se lire "et muessin" nous avons fait "et muezzin".
  Etc, etc.
Il nous semble que ces licences, qui restent vénielles, demeurent donc excusables!
Les interdire par un excès de rigidité appauvrirait considérablement les possibilités combinatoires de l'alphabet parlant, déjà si réduites.
Toutefois certaines sont peut-être discutables. Merci de me donner votre opinion.

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NOTES.

(1) Pour Ki son C Crpents Ki 6flent sur vos Ttes.

(2) Histoire d'Hélène :LNNEOPY, LIATT, LIAVQ, LIAETLV, LIAETOQP, LIAETED;
LIAME, LIAETMEEAI; LIAETDSEDIT, LIACD, LIAOBI, LIAETHT, LIAETAJT, ABC, KOT, LIAVGT LIARITEIEDCD, AGEKC
(le e se prononce é)
Mais voir surtout à l'excellent site Fatrazie la page "alphabet"  où une quinzaine de ces phrases sont colligées.
Et au non moins excellent site d'Eric Angelini un récit entier en alphabet parlant.

(3) in Littérature potentielle, Gallimard, 1973, p111.
(4)

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Liens utiles

1) Les sites sur l'Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle)
http://www2.ec-lille.fr/~book/oulipo/
http://www.oulipo.net/
http://www.fatrazie.com/oulipo.htm

2) La mailing-list consacrée à l'oulipo
http://www.graner.net/nicolas/OULIPO/liste-oulipo.html

3) Le site d'Eric Angelini
http://www.cetteadressecomportecinquantesignes.com

4) Le site de Stéphane Barbery.
http://www.barbery.net/

5) Sites sur Georges Perec.
http://www.associationperec.org/

6) "Texto poèmes" de Bernard Duburque
http://www.bduburque.com/textopoemes/poemesaccueil.html

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